Les troubles digestifs et l'activité physique

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    Pescador
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    Les troubles digestifs et l'activité physique

    Message  Pescador le Sam 22 Oct 2011 - 0:11

    Salam , j'ai fait une recherche sur le net concernant les troubles digestifs,je suis tombé sur un sujet très intéressant

    Les troubles digestifs et l'activité physique

    De l'envie pressante de passer aux toilettes aux reflux acides, de nombreux sportifs se plaignent de troubles digestifs liés à l'activité physique. Selon les études, de 1/3 à plus de la moitié des coureurs se plaindraient de troubles digestifs divers. Ces désordres limiteraient les performances dans 1/3 des cas et seraient à l'origine de nombreux abandons. Ces chiffres situent ces problèmes au premier rang des désagréments causés par la pratique physique bien avant les traumatismes musculaires, tendineux ou osseux. Dans ce chapitre, nous proposons de décrire les conditions d'apparition de ces troubles digestifs et envisageons les moyens de les limiter.

    1 Digérer la course

    Les troubles digestifs peuvent toucher le système digestif supérieur (estomac) et/ou inférieur (intestins). Ces deux pathologies sont plus marquées chez les coureurs à pied que chez d'autres sportifs. Plus précisément, les problèmes gastriques (d'estomac) touchent davantage les coureurs qui n'ont pas énormément d'expérience et qui sont spécialistes des distances courtes (inférieures à 25km). Pour leur part, les coureurs de très longues distances (marathoniens et plus) sont plus sujets à des troubles intestinaux (Rehrer et al 1989).
    Un certain nombre de facteurs expliquent et accompagnent les problèmes digestifs rencontrés par les coureurs. Parmi ceux-ci nous trouvons :

    les vibrations : en course à pied, les appuis au sol provoquent des vibrations qui se transmettent à tout le corps dont le système digestif (Rehrer et Meijer 1991). Ces vibrations ont pour effet d'accélérer la dégradation des muqueuses intestines et gastriques déjà fragilisées par les adaptations physiologiques liées à l'effort.
    Parmi ces adaptations physiologiques néfastes au système digestif, nous trouvons la réduction du flux sanguin.

    la réduction du flux sanguin : l'activité physique intense réduit le flux de sang au niveau des territoires digestifs à des niveaux d'environ 70 à 80% de sa valeur de repos (Clausen et al, 1973). Cette limitation de l'apport de sang induit un certain nombre de conséquences. Prenons l'exemple de la muqueuse gastrique (paroi intérieure de l'estomac) pour illustrer la cascade des événements liés à l'activité physique.
    Pendant la course, la priorité est à l'action. Une grande partie du sang jusqu'alors réservé au bon fonctionnement du système digestif est réorientée vers les muscles. En conséquence, le débit sanguin chute au niveau de ce système en général et des muqueuses en particulier (assèchement du réseau capillaire). L'acidité présente sur place, et habituellement drainée par le flux sanguin, s'amoncelle entraînant une chute du pH (Clark et al, 1988). Cette augmentation de l'acidité est d'autant plus importante qu'elle agit en retour en diminuant encore le flux de sang déjà déficitaire. Dans ces conditions, la muqueuse se trouve directement agressée par l'acidité ; des lésions, des nécroses (morts) interviennent. A ce stade, la muqueuse se trouve partiellement endommagée ; son fonctionnement est altéré ; en particulier, l'absorption de l'eau est limitée ce qui peut entraîner des diarrhées. S'ajoutent à ces altérations immédiates une extrêmement fragilité donc une sensibilité à toute atteinte susceptible de la toucher. Parmi ces atteintes se trouvent les chocs dont nous venons de parler mais aussi, et c'est bien là un paradoxe, le rétablissement d'une circulation sanguine normale.
    Au-delà des problèmes digestifs se produisant avant l'épreuve (anxiété…) et pendant la course (ingestion de liquides pendant l'effort), de nombreux coureurs se plaignent de pathologies (diarrhées, vomissements) se produisant après la course. Ces phénomènes s'expliquent par le retour de la circulation sanguine au niveau des régions lésées pendant l'effort. Comme un liquide se déversant subitement dans une canalisation fragilisée provoquerait sûrement sa destruction, l'arrivée du sang dans les capillaires déjà détruits ou fragilisés déclenche leur rupture complète donc un saignement (petites hémorragies digestives). La muqueuse n'est alors plus à même d'assurer convenablement son rôle de digestion des aliments. Les désordres gastriques et intestinaux sont là, les pertes - en fer notamment - également.

    la déshydratation : De part l'effet de réduction du volume donc du flux sanguin qu'elle induit, la déshydratation accélère encore le processus que nous venons d'évoquer.
    Directement liée à la déshydratation, l'hyperthermie accroît également les pathologies digestives.

    l'ingestion d'anti-inflammatoires non stéroïdiens. Ce grand mot désigne plus banalement les comprimés comme l'aspirine qui sont connus pour être responsables d'une réduction du flux sanguin au niveau de l'estomac par constriction des petites artères. Une fois encore, moins de sang signifie plus d'altérations de la muqueuse gastrique donc plus de problèmes digestifs.

    l'intensité de l'effort associée au manque d'entraînement. Plus l'exercice est intense et effectué par un sportif novice plus les troubles digestifs sont nombreux. L'entraînement progressif a donc des effets préventifs sur la survenue des troubles digestifs.

    l'anxiété, l'attente sous tension précédant la course provoquent des diarrhées qualifiées "d'émotives" (joli nom pour une diarrhée).

    l'alimentation : les troubles digestifs sont grandement influencés par les habitudes alimentaires des personnes. Dans ce qui suit, nous proposons de donner un aperçu des pratiques diététiques dommageables à travers deux types de problèmes : les reflux acides et les désordres intestinaux (diarrhées, flatulences…).


    2 Les reflux acides

    Beaucoup d'entre nous ont eu à subir des retours de substances acides dans le fond de la gorge (œsophage). Ces phénomènes peuvent être associés à un copieux repas, à une position couchée, à une période de stress ou à la pratique physique. Ils sont dus à un retour en amont d'une partie du contenu de l'estomac. L'effet acide peut être :
    provoqué par des tensions trop élevées dans l'estomac
    accentué par une diminution de la mobilité de l'œsophage.
    Ces régurgitations sont très désagréables ; elles donnent la sensation d'avoir avalé un produit infect et irritant.

    Le reflux et l'effort
    La fréquence des reflux acides est particulièrement élevée pendant un effort physique. Est-ce à dire que l'exercice est directement à l'origine de l'importance des retours acides ? Une réponse positive s'impose (Soffer et al, 1993). Mieux encore, plus que l'exercice en lui-même, c'est son intensité qui s'avère être un déterminant essentiel de l'importance que peuvent prendre ces gênes. Plus l'intensité relative de l'effort est élevée, plus le nombre de reflux augmente provoquant une élévation importante de l'acidité dans l'œsophage.
    Cette dérive acide est accentuée par la diminution de la quantité de salive déglutie pendant l'effort. En effet, la salive joue un rôle de tamponnement de l'acidité provenant de l'estomac.

    Dans de telles conditions, se pose, au sportif qui souffre, la question essentielle du que faire !

    Que faire ?
    Les phénomènes de reflux sont difficiles à éviter complètement. Comme nous l'avons vu, ils sont très certainement favorisés par la fuite du sang des organes digestifs vers les muscles en activité. L'absence d'irrigation suffisante mettrait toutes les fonctions digestives habituelles en "sourdine" et provoquerait une élévation de l'acidité dans l'estomac. Pendant l'exercice, la priorité est à l'action même si celle-ci doit se faire au détriment du fonctionnement harmonieux de certains systèmes organiques.
    Pourtant, la connaissance des facteurs favorisant la survenue des retours acide permet d'avoir une action préventive. Voilà quelques conseils qui permettront de réduire considérablement les ennuis rencontrés.

    1Courir le ventre léger : l'ingestion de repas riches (en quantité mais aussi en graisses) augmente le nombre et l'importance des retours acides. Un repas riche en sucres rapides (voir le secteur diététique) est long à digérer, augmente la fermentation dans les intestins et par là même le risque de ballonnements, de retours acides et de diarrhées. Un autre type de ballonnement - celui de l'estomac - est souvent associé à une prise alimentaire importante laquelle provoque une distension des parois de l'estomac. Notons que cette adaptation favorise également les reflux acides.
    A l'opposé, la pratique physique le matin à jeun ou après un seul repas (petit déjeuner) ne pose habituellement pas de problèmes de ce genre. La facilité à courir après une seule prise alimentaire est certainement due au fait qu'après une nuit de jeûne le passage des aliments dans l'estomac est accéléré.
    Quoi qu'il en soit, nous avons intérêt à prendre des repas digestes avant d'aller courir (secteur diététique).
    En complément de ce qui précède viennent deux conseils :

    2Laisser le temps de la digestion : notre estomac a besoin de temps pour faire passer son contenu dans l'intestin. Ce temps est d'autant plus important que le repas a été "riche". Les 3 heures habituellement recommandées sont bien souvent insuffisantes. Signalons à ce propos qu'un repas "standard" demande 8 heures pour passer complètement de l'estomac à l'intestin (Brouns, 1989).

    3Mâcher longuement et complètement les aliments. Ce comportement accélère de manière très marquée la vidange de l'estomac.

    4Pendant l'exercice, laisser le temps de l'adaptation ce qui signifie ne pas produire un effort intense trop brutalement.

    5Courir de préférence aux moments les moins chauds de la journée. La chaleur extérieure, la déshydratation et l'augmentation de la température interne qu'elle induit augmentent les problèmes de digestion.

    6En cas de problèmes persistant, des médicaments anti-acide peuvent être conseillés par le médecin.

    Après la liaison estomac-œsophage, voyons un deuxième site à problèmes : les intestins.


    3 Les troubles intestinaux

    Nombreux sont les athlètes à se plaindre d'envies pressantes de passer aux toilettes mais aussi de diarrhées fréquentes.
    Ces problèmes intestinaux trouvent leurs origines dans des phénomènes que nous avons déjà décrits (digérer la course). Répétons que la baisse du flux sanguin, les vibrations liées aux appuis et au mouvement vertical ainsi que l'alimentation provoquent ou favorisent ces troubles. Nous ne reviendrons pas sur ces causes mais nous contenterons de donner quelques conseils visant à limiter leurs effets.

    Conseils diététiques et autres
    "manger léger" : cette consigne est aussi valable pour les troubles intestinaux que pour les problèmes d'estomac. Des rétroactions font qu'un estomac encore plein peut favoriser l'envie pressante d'aller à la selle.
    manger lentement en mâchant complètement : ce comportement accélère la survenue de la satiété, améliore l'absorption des aliments, réduit le risque de fermentation et d'altérations de la muqueuse intestinale.
    Les habitudes alimentaires : observer des horaires réguliers de repas est le meilleur moyen de permettre au corps de s'adapter. Cette remarque est particulièrement importante mais aussi difficile à mettre en œuvre avant les courses.
    Consommer avec modération les aliments agressifs (peau des fruits - pomme, poire -, lentilles, maïs, choux, flageolets…)
    Eviter les boissons froides et très sucrées : la consommation de liquide dont la teneur en sucres est très élevée peut provoquer des diarrhées. De même, le froid est particulièrement agressif pour la muqueuse intestinale et difficile à absorber pour l'organisme.
    Rester calme ! (psychologie/être calme) Difficile à faire ! Pourtant, le stress favorise les problèmes intestinaux.

    Enfin, signalons que pendant les périodes d'entraînement intensif, certains coureurs de haut-niveau, souffrant de problèmes intestinaux, prennent des "pansements gastriques" (par exemple Smecta) à titre préventif, une demi-heure avant d'aller s'entraîner. N'hésitez pas à demander conseil à votre médecin.

    A terme, l'idéal est, tout de même, de repérer les périodes, les aliments, le type de situations qui favorisent les troubles de la digestion afin de limiter leurs effets.

    Dans tous les cas, la survenue et la persistance de troubles digestifs doivent être comprises comme une souffrance de la muqueuse de l'estomac ou de l'intestin et être prises en compte en conséquence. La prévention, par des comportements dont nous nous sommes fait l'écho, constitue le meilleur remède à ces désagréments. En cas d'épisodes pathologiques, rappelons que des médicaments "pansements" préventifs peuvent être utilisés sur recommandation du médecin.

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